Fermetures de classes à Paris : ce qu’il faut comprendre

5 min de lecture 19e arrondissement

Au printemps, il y a les rendez-vous qu’on attend avec plaisir : les arbres en fleurs, les chasses aux œufs, les jours qui rallongent…
Et ceux dont on se passerait bien.

Cette année, la carte scolaire s’est fait attendre. Municipales obligent, les annonces ont été légèrement décalées.

Mais une fois tombées, difficile d’éviter une impression de déjà-vu : dans le 19e, fermetures de classes et suppressions de postes sont à nouveau au rendez-vous.

Voici ce qui est annoncé pour la rentrée 2026.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Selon les chiffres avancés par le maire du 19e arrondissement, le 19e compterait 23 fermetures de classes pour 10 ouvertures à la rentrée 2026.

Un solde nettement négatif, dans un arrondissement où les besoins restent pourtant importants.

À l’échelle parisienne, la tendance est similaire, avec la menace de 172 écoles menacées par une fermeture (64 fermetures en maternelle, 108 fermetures en élémentaire)

Des chiffres qui s’inscrivent dans une dynamique bien installée ces dernières années, avec des fermetures de classes qui se répètent à chaque rentrée (700 fermetures en 4 ans)

Quelles écoles sont concernées dans le 19e ?

Dans le détail, les listes diffusées par les organisations syndicales permettent d’identifier plusieurs écoles concernées :

Écoles maternelles

Ouvertures :

  • EM 34 Manin
  • EM 5 Noyer Durand
  • EM 5 Rampal

Fermetures :

  • EM 1 Palestine
  • EM 36 Fessart
  • EM 63 Archereau
  • EM 132 Aubervilliers
  • EP 118 MacDonald (classe maternelle)
  • EP 10 Henri Noguères (classe maternelle)

Écoles élémentaires

Ouvertures :

  • EE 41 Tanger A
  • EP 10 Noguères

Fermetures :

  • EE 16 Cheminets
  • EE 40bis Manin A
  • EE 30 Manin B
  • EE 5 Alouettes
  • EE 4 Goubet
  • EE 41 Tanger B
  • EE 17 Colette Magny B
  • EP 53 Émile Bollaert
  • EP 141 MacDonald
  • EEA 119 Bolivar B
  • EE 14 Mathis
  • EE 160 Jean Jaurès

Pourquoi ces fermetures ?

Le rectorat de Paris justifie ces décisions par la baisse du nombre d’élèves à Paris, liée notamment à la chute de la natalité et au départ de nombreuses familles vers la banlieue ou d’autres régions.

Moins d’élèves, donc moins de classes : la logique peut sembler implacable.

Mais sur le terrain, parents et enseignants dénoncent une approche jugée trop mécanique, qui ne prend pas suffisamment en compte les réalités locales, dans un contexte où les effectifs par classe en France demeurent supérieurs à la moyenne de nombreux pays européens.

Ce que dénoncent parents et enseignants

Pour les équipes éducatives et les familles, ces fermetures sont lourdes de conséquences :

  • Hausse des effectifs par classe
  • Conditions d’apprentissage dégradées
  • Équipes déjà fragilisées sous pression

Dans le 19e, un point cristallise également les inquiétudes :
👉 la suppression de deux postes au sein des RASED (réseaux d’aide aux élèves en difficulté).

Ces dispositifs sont essentiels pour accompagner les enfants les plus fragiles. Leur réduction fait craindre un recul de l’accompagnement individualisé, dans un arrondissement où les besoins sont importants.

À cela s’ajoutent des difficultés déjà bien identifiées :

  • enseignants absents non remplacés
  • manque d’AESH (aide pour les enfants en situation de handicap)
  • découragement des équipes face à des conditions d’exercice de plus en plus difficiles 

Des mobilisations devant le rectorat

FFace à ces annonces, plusieurs mobilisations ont eu lieu ces dernières semaines devant le rectorat, dans le 19e (14 boulevard d’Indochine).

Le mardi 31 mars, une grève unitaire parisienne et nationale a réuni parents d’élèves, enseignants, personnels éducatifs, organisations syndicales et élus locaux, venus porter une voix commune.

Des délégations d’écoles se sont rassemblées dès le matin pour dénoncer des moyens jugés insuffisants et alerter sur les effets concrets des fermetures de classes.

Pétitions en cours

En parallèle, plusieurs pétitions circulent pour s’opposer aux fermetures de classes et demander davantage de moyens pour les écoles du 19e.

Citons par exemple :

👉 École Bolivar B
Une pétition alerte sur la menace d’une fermeture de classe, pour la deuxième année consécutive

👉 Écoles Compans / Brunet
Une pétition alerte sur un manque de continuité pédagogique dans deux classes, qui auraient connu jusqu’à 16 enseignants différents en six mois.

👉 École Colette Magny
Pour une ouverture de classe supplémentaire à Colette Magny A

Mais aussi des écoles bien vivantes 

Même si c’est souvent à l’annonce des fermetures de classes que l’école publique fait parler d’elle, la réduire à ses difficultés serait bien incomplet.

Dans le 19e, elle repose aussi sur des enseignants engagés, des équipes soudées et des parents très mobilisés. Au quotidien, ce sont des projets qui naissent, des enfants accompagnés, des liens qui se tissent – souvent dans des contextes exigeants.

Derrière les portes des écoles, la vie continue.
Une rue qui s’ouvre aux enfants le temps d’un carnaval à l’école Émilie Jomard,
des collectes et des mobilisations pour soutenir des familles à la rue,
des forums pour préparer l’entrée au collège,
des courses solidaires, des bourses aux livres, des fêtes d’école…

Autant d’initiatives qui disent quelque chose de précieux :
l’école publique n’est pas seulement un lieu d’apprentissage.

C’est aussi un espace de rencontre, de solidarité et de construction collective,
où se jouent, très concrètement, le vivre ensemble et l’égalité des chances.

Pour rester informé(e) des prochaines mobilisations, suivez @fcpeparis et @fcpeul19eme sur Instagram, et sur Internet : https://www.fcpe75.org/