Pierre et Gilles : 5 choses à savoir sur le duo iconique
En 2020, la Philharmonie de Paris consacrait une grande exposition au duo Pierre et Gilles.
J’y suis allée sans attente particulière, et j’en suis ressortie fascinée.
Derrière l’esthétique pop, colorée et immédiatement reconnaissable, j’ai découvert un univers bien plus complexe que je ne l’imaginais. Voici 5 clés pour mieux comprendre le travail de ce duo artistique à part dans le paysage français.
1. Pierre est photographe, Gilles peintre
Leur méthode est unique.
Ils reçoivent leurs modèles dans leur atelier, imaginent un décor sophistiqué, mettent en scène la prise de vue, puis impriment la photographie. Ensuite, Gilles intervient directement sur le tirage pour le peindre à la main, ajoutant détails, textures et effets lumineux.
Le résultat : une œuvre hybride, entre photographie, peinture et mise en scène.
Contrairement à ce que je pensais bêtement, pas de Photoshop du tout donc dans cette histoire : leur travail repose bien davantage sur l’artisanat que sur le numérique.
2. Les cadres font partie intégrante de l’œuvre
Chez Pierre et Gilles, le cadre n’est jamais accessoire.
Souvent réalisé sur mesure, il prolonge l’univers du portrait. Paillettes, motifs sculptés, références religieuses ou pop : le cadre participe pleinement à la narration visuelle.
Il transforme chaque portrait en véritable icône.
Par exemple, le cadre du portrait de Stromae, qui témoigne de l’admiration du chanteur pour Cesaria Evora, est composé de milliers de paillettes brillantes, incrustées de petits émoticônes souriants.
3. Une iconographie nourrie par le religieux
Tous deux ont grandi dans un environnement marqué par la tradition catholique.
Ils ont conservé une fascination pour l’iconographie religieuse et la représentation des saints.
Ils ont également été très marqués par leur voyage en Inde et les représentations religieuses si colorées qu’on peut y voir.
C’est donc nourris de toutes ces influences, et avec la volonté de s’inscrire dans la continuité de l’histoire de l’art religieux que Pierre et Gilles représentent les artistes en icônes des temps modernes, nouvelles sources de notre idolâtrie.
4. Un lien fort avec la musique et Étienne Daho
La musique occupe une place centrale dans leur œuvre.
En 1983, la pochette de La Notte La Notte d’Étienne Daho contribue autant à lancer leur carrière qu’à façonner l’image publique du chanteur.
Depuis, ils ont réalisé de nombreux portraits d’artistes : Stromae, Clara Luciani, Juliette Armanet, Pierre Lapointe…
Leur univers dialogue en permanence avec la scène musicale.
5. Des débuts festifs à la reconnaissance internationale
Leur carrière est née dans l’effervescence des années 1980, à l’époque du Palace et des nuits parisiennes.
Aujourd’hui, de jeunes artistes les contactent directement via les réseaux sociaux pour collaborer avec eux.
Leur esthétique, à la fois kitsch assumée et profondément construite, continue de séduire de nouvelles générations.



L’exposition de la Philharmonie m’a permis de dépasser mes préjugés et de comprendre la richesse de leur travail. Preuve de plus qu’il faut toujours garder un œil sur la programmation des expositions temporaires de la Philharmonie : elles réservent souvent de belles surprises.
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